Le Centre Takiwasi

Le protocole de Takiwasi s'articule autour de 3 grands types de plantes : les plantes purgatives dites « de désintoxication », les plantes psychoactives, comme l’ayahuasca, qui permettent d’entrer dans des états modifiés de conscience pour s’adonner à un travail d’introspection très profond, et enfin, les plantes maîtresses qui sont prises dans un contexte particulier d’isolement dans la forêt, avec des prescriptions alimentaires, sexuelles, énergétiques… qui renforcent certains aspects de la personnalité.

Tout ce travail avec les plantes permet le surgissement d’un "matériel" psychologique, émotionnel et onirique. Cette matière première va être alors travaillée au travers d’un processus de psychothérapie, avec une équipe de psychologues et de psychothérapeutes.

La méthode de Takiwasi s’organise ainsi comme un triptyque thérapeutique : la vie en commun, les plantes et la psychothérapie. Au niveau scientifique, le centre collabore avec le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto au Canada. L’objectif de cette collaboration est notamment d’évaluer scientifiquement les résultats de l’usage de l’ayahuasca lors des cures.

Mais la logique du centre va plus loin et nous interroge sur la place de la spiritualité dans le traitement des addictions. A Takiwasi, le thème est central : au-delà du lien traditionnel entre les médecines amazoniennes et le sacré, Takiwasi incite à considérer la spiritualité comme un nécessaire à la guérison, et il n'est pas rare d'assister à des conversions. Le centre est non confessionnel mais il abrite une chapelle et la plupart des personnes qui y travaille est catholique.

Il faut préciser que les patients sont tous des hommes afin de garantir l’abstinence sexuelle lors des prises de plantes.

Quelques chiffres clés :

  • La durée moyenne d’un séjour est de 9 mois, pouvant aller jusqu’à 12.
  • Takiwasi accueille des patients depuis 25 ans,
  • Plus de 1000 patients ont été soignés à Takiwasi.
  • Selon les enquêtes du centre, 2 ans après leur sortie, 64% des patients déclarent aller mieux après leur séjour.
  • Il est aussi important de préciser que la moitié des patients environ interrompt le processus, un chiffre qui illustre la difficulté de la démarche.