L’EQUIPE

AURÉLIE MARQUES, 30 ANS, JOURNALISTE-RÉALISATRICE

Mon intérêt pour l’Amérique Latine remonte quelques années en arrière, lorsqu’à l’âge de 18 ans j’ai choisi la Bolivie comme terrain pour mon premier reportage. Sur place, j’ai recueilli le témoignage des mineurs, qui chaque jour creusent les entrailles de la montagne sacrée en quête des dernières poussières de métaux précieux. Pendant un mois j’ai vécu avec eux, partagé leur coutume et découvert la “Pachamama”, la Terre mère et nourricière. Du coeur des Andes est montée l’envie de documenter le réel et de m’ouvrir à d’autres visions du monde.
Après une formation de journalisme à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, j’ai réalisé sur commande de nombreux films pour des grandes chaînes de la télévision publique et du câble. Aujourd’hui, je ressens le besoin de mettre mes compétences au service d’un projet qui me touche et redonne du sens à mon métier.
Dans un contexte où les découvertes scientifiques et techniques ne suffisent plus à notre quête du bonheur, je veux rappeler ce que les autochtones ont à nous apporter : une connaissance du monde par le prisme de la nature. Une approche séculaire qui pourrait, pour peu qu’on s’y attarde, apporter la cohérence qui fait défaut à l’homme moderne.

 

 

LOUIS BIDOU, 30 ANS, COORDINATEUR DE PROJET, RÉALISATEUR

Depuis l’enfance, des récits de mon père anthropologue, ancien directeur de recherche au CNRS et disciple de Claude Levis-Strauss, je cultive un intérêt passionné pour l’ethnologie.
Après un master en Gestion de projet à l’Ecole de Commerce de Grenoble, je m’investis dans l’entrepreneuriat social. Pendant près de 5 ans, au cours de missions auprès d’une dizaine de pays africains, je mène des projets de « recherche-action » dans les domaines de la santé et de la microfinance. Ces longs séjours sur place ont forgé en moi un regard affiné dans l’observation de coutumes étrangères et une forte sensibilité au dialogue interculturel.
Entre-temps, en 2012, une opportunité me permet de renouer avec l’ethnologie : mon père me confie les enregistrements effectués il y a 40 ans auprès de chamans Tatuyo en Amazonie Colombienne : des mythes et chants rituels en partie disparus. J’organise une expédition en Amazonie pour retrouver les descendants de ces chamans et leur restituer ce fragment de leur patrimoine immatériel. Cette aventure a donné naissance à un premier documentaire La Voix des Tatuyos projeté en salles de cinéma et festivals (Grand Bivouac Albertville, Cine Latino Toulouse notamment). Dans le cadre de ce projet je crée l’association Confluences Humaines qui a pour objet la valorisation de la diversité des sociétés humaines, la promotion de l’échange interculturel, de l’écologie et du vivre ensemble.

Surtout, cette première expérience me fait découvrir le plaisir de la réalisation et la force du cinéma documentaire. La graine était semée. En 2017, je quitte mon emploi pour me consacrer à la série documentaire La voie des Plantes avec Aurélie Marques.

 

Adrien Bellay, 31 ANS, MONTEUR

 

Avec mon métier de monteur, j’ai abordé des univers à la fois singuliers et multiples. Et s’il y en a un qui m’a plus particulièrement captivé, c’est celui des Tatuyo, un peuple d’Amazonie Colombienne qui vit encore aujourd’hui en symbiose avec son environnement. Ce documentaire m’a fait prendre conscience qu’il était possible, dans un esprit participatif et indépendant, de faire passer un message sur la nécessité de s’inspirer de ces savoirs et de ces cultures ancestrales. J’ai réalisé, suite à cette première collaboration avec Louis, le documentaire « L’Eveil de la Permaculture ». Sortie en salle en 2017, le film a rencontré un succès qui a largement dépassé toutes les espérances. Il répondait alors à une attente du public : se retrouver autour de thématiques comme l’écologie, le partage, la communauté, la culture au sens large. Ces mots résonnent toujours en moi aujourd’hui et me guident dans mes projets professionnels.

J’ai décidé d’accompagner les deux auteurs dans leurs démarches militantes dans l’espoir de faire connaitre à plus de monde l’histoire de ces plantes sacrées et de ces peuples entrés en résistance, qui lutte désormais contre la modernité pour sauvegarder leurs traditions et leurs savoirs.

 

NOTRE ENGAGEMENT

Grâce au temps passé sur place et aux discussions en amont, nous voulons donner corps et voix au point de vue local, le plus fidèlement possible. Trop souvent encore, certaines réalisations tendent à instrumentaliser émotionnellement l’image d’Indiens dans la recherche d’audimat.

De nombreuses communautés autochtones s’organisent en association ou conseils généraux afin de mieux contrôler les influences extérieures et renforcer leur autonomie. Notre positionnement est de travailler en collaboration et transparence avec ces organisations afin de valoriser les initiatives locales.

Notre engagement est porté par l’association de loi 1901 “Confluences humaines” dont l’objet est la valorisation des diversités culturelles et du vivre ensemble. Fondée en 2012, l’association a permis le retour de matériels ethnologiques (films, enregistrements de mythes et de chants rituels, photographies) aux communautés indiennes colombiennes du Pira Paraná, à leur demande. Cette aventure a donné naissance à un premier documentaire “La voix des Tatuyos”, projeté en salle de cinéma et festivals.

“La voie des plantes” est également soutenu par la fondation France Libertés qui œuvre depuis 1986 pour la reconnaissance et le respect des droits des peuples autochtones à travers le monde.