L’esprit du Warana

Depuis des temps ancestraux les Sateré Mawé récoltent et préparent le Warana, ces baies rouges qui nourrissent le corps et l’esprit. Le mythe fondateur raconte que cette plante est l’essence de la connaissance et le gardien des Sateré Mawé. Aujourd’hui ils commercialisent leur Warana sans compromettre leurs traditions et leur environnement. La plante est devenu le ressort de l’autodétermination de ce peuple.

Nous commençons notre itinéraire par le Brésil, avec un séjour chez les Sateré Mawé, dont les communautés se situent à l’embouchure du Río Paraná do Ramós et du cours principal de l’Amazone.

Les Sateré Mawé seraient d’origine Tupinambas. Au 16ème, ils auraient migrés depuis Belem pour échapper à l’invasion portugaise. Leur histoire est marquée par une résistance continue et particulièrement vive face aux exploitations, de caoutchouc puis de pétrole, et aux missions évangéliques.

Leur territoire est le berceau de la banque génétique d’une plante inédite : le Warana, qui signifie “essence de la raison”. Le fruit est un puissant dynamisant physique et cérébral. Une fois récolté, il est cuit durant six jours à basse température pour conserver les composants de la plante intacts. Incontournable pour les  Sateré Mawé, il est consommé quotidiennement pour stimuler le corps et l’esprit. La plante est liée à l’histoire des origines de ce peuple. Le mythe raconte qu’elle est la source de toutes les connaissances et qu’elle sauvera un jour l’humanité entière.

Plus connu internationalement sous le nom de Guarana, elle est à la base de boissons énergisantes commercialisées dans le monde entier. En contre modèle de la production massive et en monoculture du Guarana, les Sateré Mawé se sont organisés pour préserver la préparation traditionnelle, en respect avec leur culture et leur environnement. Dans les années 80, ils créent le consortium de la tribu Sateré Mawé, destiné à soutenir le projet Warana. En 1995,  cette valorisation de leur plante sacrée débouche sur une partenariat avec l’entreprise Guayapi, sur un modèle de commerce équitable.

Avec cette source de revenus conséquents, les Sateré Mawé s’organisent en un consortium,  le Nusoken, rassemblant de plus de 500 familles productrices. L’objectif affiché est clair : éviter de tomber dans les pièges de l’assistanat et lutter pour leur autonomie politique et économique. La culture du Warana constitue un modèle de réaffirmation de leur culture ancestrale. Avec le “Projet Warana” les Sateré Mawé ont mis en place un système d’éducation et de médecine différencié, reconnu par le gouvernement brésilien. Leur université, la “Libre Académie du Warana” assure notamment la préservation et la transmission des savoirs à travers des ateliers rassemblant les anciens et la nouvelle génération.

Allons découvrir comment cette plante mythique est devenu le ressort pour l’autodétermination de ce peuple.

Crédit photo : Jacques Minelli pour Guayapi

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